Régime Low Carb et Diabète

Dans leur recherche pour améliorer leur quotidien et vivre « comme avant » avec leur diabète, les patients diabétiques sont parfois amenés à découvrir le régime Low Carb. Arnaud nous propose son témoignage.

Mais avant, qu’est-ce que le régime Low Carb ?

C’est tout d’abord un régime pour perdre du poids. Pour faire très simple, il faut supprimer les glucides de l’alimentation. Ceci a été préconisé par le Dr Robert Atkins, cardiologue, en 1972. Le principe est que le corps, privé de tous glucides, va puiser dans les graisses pour trouver de l’énergie. Aujourd’hui, les régimes Low Carb sélectionnent les glucides à supprimer et limitent la consommation de graisses animales pour éviter les problèmes cardio-vasculaires. N’hésitez pas à en parler à votre diabétologue et à vous faire accompagner par une personne compétente si vous voulez vous lancer dans l’aventure.

Le témoignage d’Arnaud : « Comment je vis avec mon diabète et sans (trop de) glucides »

Contexte

Je suis DID depuis Mai 2015. Lors de ma découverte de diabète, à l’hôpital, on m’a appris à vivre avec ce diabète et surtout ces injections d’insuline. Passés le choc, la pseudo-déprime, viennent l’apprentissage positif, les questions aux infirmières et aux médecins. La vie avec le schéma insuline lente/rapide me pourrit la vie car je fais du sport régulièrement et n’arrive pas à bien me régler, ce qui me fait faire beaucoup d’hypoglycémies. Je suis mis sous pompe en Octobre de la même année, la gestion des glycémies est plus aisée mais les hypo sont encore là.

Problématique

Comme diabétique, je dois constamment compter mes glucides, vérifier mes glycémies et anticiper mes activités physiques. Ainsi, je règle, enfin je tente de trouver le réglage, ma pompe et mes régimes basaux en fonction des journées que je passe. Lorsque je cours, j’arrête la pompe bien avant le départ, emmène une épicerie sur mon dos et croise les doigts pour ne pas faire d’hypoglycémie. Grâce à la pompe, je réussis tout de même à retrouver une régularité d’entrainement : entre 2 et 3 footings par semaine. L’inconvénient majeur reste ce risque de m’effondrer si je n’ai pas assez de réserve sur moi. Je cherche donc une solution, un moyen pour courir plus sereinement. C’est en devenant membre d’une association de coureurs DID comme moi (Type 1 running team) que j’entends certains parler de filière lipidique, de régime Low Carb, High (ou Healthy selon les personnes) Fat (LCHF). Cela signifie un régime faible en glucides (Carbohydrates) et riche en lipides. Finalement, je ne mets pas longtemps à m’intéresser à cette diète, à chercher comment cela fonctionne.

La prise de conscience

Premièrement, je suis surpris de la simplicité de la solution et me méfie. Un régime alimentaire, par définition me rebute. Pour moi, il faut manger de tout, bien calculer ses apports glucidiques et se contrôler souvent. Je me mets donc à lire ce qui est disponible. Malheureusement pour un grand nombre de français, la littérature sur le sujet est quasiment entièrement en anglais. Et oui, les australiens, suédois et même les américains sont en avance aussi ici. J’y trouve toutes les réponses à mes questions via des études cliniques, des témoignages, des groupes de discussion.

La réflexion de base est si simple : « Je suis diabétique,  donc mon corps ne sait pas gérer les glucides en tous genres, pourquoi devrais-je en manger ? » Je décide donc, avec les conseils pratiques d’un site anglo-saxon, de débuter ma nouvelle façon de manger le 1er Mars 2016, soit 4 mois après ma mise sous pompe, 9 mois après mes débuts à l’insuline. A ce moment-là, mon HbA1C est de 6,4%. C’est déjà bien mais j’estime que ce n’est pas parce qu’on est diabétique qu’on ne doit pas chercher à atteindre des valeurs correspondant à des non diabétiques.

Manger Low Carb, comment ça marche ?

Le premier conseil, simple à comprendre qu’on me donne, c’est de ne manger que des aliments contenant moins de 5% de glucides. Adieu les féculents, fruits, céréales et bonjour les légumes à feuilles, les bons lipides. Pour illustrer comment classer les aliments, les visuels suivants, proposés par le fameux site internet conviennent bien :

Que manger dans un régime faible en glucides

La répartition idéale en macronutriments serait 80% de lipides, 15% de protéines et 5% de glucides. Bien-sûr, c’est à adapter en fonction de chacun, mais je décide de prendre cette cible et j’ajusterai en fonction des résultats à venir. Mes premiers repas sont déstabilisants : des crudités qui baignent dans l’huile d’olive, des œufs mayonnaise, de la viande (grasse idéalement) avec du fromage à pâte cuite. Je trouve des recettes un peu partout et arrive à vivre très heureux avec ce nouveau mode d’alimentation. Je ne ressens plus de fringale en milieu de journée et ça c’est super.

Les aliments que l’on peut manger dans un régime Low Carb Source : dietdoctor.com
Les aliments à éviter absolument dans un régime Low Carb Source : dietdoctor.com

Résultats obtenus avec le régime Low Carb

Tout d’abord, les premiers résultats se font sentir immédiatement. Avec un suivi encore plus assidu au début de mes glycémies, je supprime quasiment instantanément les bolus de mes repas. Je dois aussi réduire au strict minimum ma basale (je précise que je suis sous pompe à cette période) pendant les 10 premiers jours. Au bout de dix jours, je me décide à carrément enlever la pompe. En effet mes glycémies commencent à être basses en fin de journée, un peu trop à mon goût.

Depuis le 11 mars 2016 j’ai donc déposé ma pompe et je l’ai même rendue à mon prestataire de santé, avec l’accord de mon diabétologue, en fin de mois de Mars. Comme je n’injecte plus d’insuline, je ne fais plus d’hypoglycémies. Et comme mes apports en glucides sont faibles, je ne fais pas d’hyperglycémie non plus. Côté analyses, la première HbA1C au bout de trois mois de régime est prometteuse : 5,7%. Au bout de 6 mois, j’en suis à 5,5% avec l’objectif affiché de passer sous les 5% dans l’année à venir.

Une image pour illustrer le genre de courbes obtenues grâce au régime Low Carb

Les points négatifs, ou à surveiller/prendre en compte

  • les deux premières semaines sont une période de transition. On peut ressentir des vertiges, des coups de mou, voire même des maux de tête. La solution est de boire beaucoup et de consommer plus de sel qu’à l’habitude. En effet, le glucose dans le sang est hypertenseur, la chute de glycémie entraine donc des baisses de tension.
  • La perte de poids. J’ai perdu 12 kilogrammes en 3 mois. C’était bienvenu pour moi mais peut-être d’autres personnes préfèreraient en gagner. Il faudra ici augmenter la part de protéines (sensiblement mais pas inverser les ratios non plus).
  • Finalement, comme on consomme des graisses (celles ingérées et celles du corps), leur part dans le sang augmente. Pendant la phase d’adaptation, qui peut durer un à deux ans, les analyses de cholestérol peuvent être déroutantes. Il faut juste laisser le temps aux choses.

Le mot de Diabete Infos sur le régime Low Carb

Voici pour le témoignage d’Arnaud, au bout de six mois de régime Low Carb. Comme il l’explique, ce régime ne peut être entrepris qu’en étroite collaboration avec son diabétologue. En conclusion, comme tout régime, cela nécessite d’être prêt psychologiquement et d’avoir bien mesuré les inconvénients et autres effets indésirables. Encore merci à Arnaud pour ce témoignage très complet !

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