Dans cet article, Lorène nous fait partager son expérience. Son fils a été choisi pour intégrer le protocole Freelife Kid AP.

Ce protocole va permettre d’évaluer l’efficacité d’une insulinothérapie en boucle fermée (pancréas artificiel) sur le contrôle du diabète de type 1 de l’enfant pré-pubère en vie réelle.

Le témoignage de Lorène

Mon jeune garçon a été diagnostiqué Diabétique de type 1 en mars 2015. Depuis nous avons été témoins d’évolutions majeures dans la prise en charge du diabète. J’ai ainsi connu l’avènement des systèmes de mesure du glucose en continu. Puis les premiers projets de pancréas artificiel ont vu le jour. Bien évidemment, en tant que parent, je souhaite toujours offrir le meilleur à mon fils pour lui permettre de vivre au mieux avec son diabète. Qu’elle fut ma joie lorsqu’on nous proposa d’intégrer un protocole de recherche pour un système autonome !

Le protocole Freelife Kid AP, kesako ?

Cette étude est pilotée par le Professeur Éric Renard, responsable du département endocrinologie diabète nutrition de l’hôpital Lapeyronie de Montpellier. Elle inclue 120 enfants prépubères, âgés de 6 à 12 ans qui ont été recrutés par quatre centres français, Angers, Tours, Paris (hôpital Robert-Debré) ainsi que le CHU de Montpellier.

Ces enfants testent un système conçu par l’Université de Virginie aux Etats-Unis. Celui-ci a été testé au cours de plusieurs études cliniques, en milieu hospitalier, mais également à l’hôtel et en vie réelle, chez l’adulte, l’adolescent et l’enfant. Son efficacité ainsi que sa sécurité ont ainsi été prouvées. Il a ensuite été intégré directement dans une pompe à insuline.

Le protocole Freelife Kid AP a pour but de tester ce système chez l’enfant, en vie réelle et sur le long terme. Ainsi, depuis l’intégration des premiers enfants jusqu’aux derniers à sortir du protocole, cette étude sera menée sur une année environ. Sur la totalité de cette période, 9 mois seront dédiés au test réel. Les enfants, par petits groupes, sont équipés progressivement de ce nouveau matériel.

Dans un premier temps, ils se familiarisent avec leur nouvelle pompe à insuline. Viennent ensuite la pose et la formation au système de mesure du glucose en continu. Environ deux semaines après cette prise en main, le système est activé en mode « pancréas artificiel ». Le CHU de Montpellier étant le centre promoteur, les inclusions ont débuté début Novembre 2018. Pour ces premiers enfants, le système a été complètement activé fin Novembre 2018. Les autres centres intégreront le protocole à compter de Décembre 2018.

Pourquoi mener cette étude ?

A l’heure actuelle, les deux principaux composants de ce système ne sont pas commercialisés en France. Les 120 pompes à insuline, les systèmes de mesure du glucose en continu ainsi que les consommables sont en provenance directe des États-Unis. Les équipes investigatrices attendent donc de cette étude qu’elle permette une distribution et une prise en charge de ce matériel en France. Le Ministère de la Santé a d’ailleurs participé financièrement à ce protocole, en y injectant un peu moins de 1 million d’euros.

Il s’agit d’offrir l’accès à ce « pancréas artificiel » au plus grand nombre de patients diabétiques de type 1. Le Professeur Renard espère d’ailleurs pouvoir largement proposer ce système « à tous les petits Français » d’ici 5 ans.

La biotechnologie bientôt indissociable de notre quotidien

Vous l’avez compris, il nous faudra encore nous armer de patience pour profiter de cet équipement. Mais, n’oublions pas que d’autres systèmes autonomes ont été développés. Il existe notamment le DBLG 1 System (Diabeloop) qui, rappelons-le, vient d’obtenir le marquage CE. Medtronic a également obtenu le marquage CE pour son système MiniMed 670G, le 05 Juillet 2018. Les prochaines étapes pour ces deux firmes, seront la commercialisation sur notre territoire, puis la prise en charge. D’autres projets menés par d’autres laboratoires verront également le jour d’ici quelque temps.

En tant que diabétique par procuration, je suis honorée par l’opportunité qui nous a été offerte. Les 120 enfants sélectionnés pour l’étude « Freelife Kid AP » constituent aujourd’hui un élément clé pour le traitement de demain.

Article rédigé en collaboration avec Lorène.

Pin It on Pinterest