Depuis les premiers essais réalisés au Centre d’Investigation Clinique INSERM/CHU de Montpellier en 2001, le pancréas artificiel a franchi successivement les étapes. Il repose en effet sur la combinaison d’un dispositif de mesure du glucose en continu, d’une pompe à insuline et d’un logiciel de contrôle (algorithme) automatisé du diabète qui calcule le débit de la pompe à insuline pour maintenir la glycémie dans la norme. D’ici à 2 ans, le pancréas artificiel pourrait être un traitement effectif du diabète de type 1.

Pancréas artificiel : le début

L’étape‐clé a été atteinte en octobre 2011 quand pour la première fois, de façon contemporaine à Montpellier et à Padoue (Italie), deux patients diabétiques ont pu utiliser le pancréas artificiel en dehors de l’hôpital (en ambulatoire). En effet, grâce à la collaboration des deux centres universitaires européens avec l’Université de Virginie à Charlottesville aux Etats‐Unis, leur diabète a pu être traité automatiquement par le fonctionnement du logiciel de contrôle sur un smart‐phone.

Depuis cette date, grâce au soutien de financements de recherche européens (projet Artificial Pancreas At Home de la Communauté Européenne) et américains (Artificial Pancreas Initiative de la fondation JDRF), cet  essai initial a été étendu à un plus grand nombre de patients et sur une durée croissante. Les essais successifs ont permis de confirmer la réduction considérable du risque d’hypoglycémie nocturne et l’amélioration du temps passé avec une glycémie normale au quotidien jusqu’à une période continue de deux mois. Les patients ayant participé à ces essais ont tous confirmé combien cette automatisation du contrôle de leur glycémie allégeait le poids de la maladie et leur permettait de retrouver sécurité, liberté de vie et une certaine insouciance.  

Les avancées du Pancréas artificiel

Aujourd’hui, deux étapes importantes sont à l’œuvre. La première, soutenue par un financement du Programme Hospitalier de Recherche Clinique National, étend l’expérience du pancréas artificiel en dehors de l’hôpital à des enfants diabétiques pré‐pubères de 8 à 11 ans déjà recrutés à Montpellier, Paris (Hôpital Robert Debré), Tours et Angers.  

Le but étant d’évaluer sur quelques jours la capacité à réduire les hypoglycémies nocturnes et d’améliorer le contrôle du diabète. L’étude est en cours et les premiers résultats confirment l’atteinte des objectifs poursuivis.

La seconde, financée par l’Institut National pour la Santé américain (NIH), va permettre de tester en vie réelle sur 6 mois le traitement du diabète avec un pancréas artificiel utilisant le système de contrôle inControl® mis à disposition par la start‐up Type Zero Technologies (Charlottesville, VA, USA) chez plus de 200 patients diabétiques de type 1 recrutés dans sept centres universitaires américains (Universités de Virginie, Harvard, Mount Sinaï, Mayo Clinic, Denver, Stanford, Santa Barbara) et trois centres universitaires européens (Montpellier, Padoue, Amsterdam).

Les objectifs sont d’établir la sécurité et l’efficacité du contrôle du diabète de façon prolongée, ouvrant la porte à une mise à disposition commercialisée du pancréas artificiel.  

Outre la gestion automatisée de l’administration d’insuline, le dispositif comprend l’accès à un serveur qui permet aux patients de transmettre et d’archiver leurs données et aux équipes investigatrices de surveiller le bon fonctionnement du système et de donner des conseils aux patients en cas d’alerte. Cette étude‐pivot doit se dérouler en 2016‐2018.

Pancréas artificiel : un avenir proche

L’expertise de l’équipe d’Endocrinologie‐Diabète du CHU de Montpellier intervient par ailleurs dans le développement clinique du projet de pancréas artificiel Diabeloop® conduit en France par le CERITD et le CEA‐Leti. Portée par son savoir‐faire et son expérience fondatrice, ainsi que par le soutien et l’enthousiasme constants des patients diabétiques, l’équipe d’Endocrinologie‐Diabète du CHU de Montpellier contribuera ainsi à faire que le pancréas artificiel passe du rêve à la réalité dans un avenir très proche pour tous les patients qui ont attendu cette concrétisation depuis de nombreuses années.

A noter que pour le moment cette expertise est encore au stade de recherche et ne peut donc pas être proposée comme traitement. Par ailleurs, le CHU de Montpellier ne recherche pas de volontaires.

> Pr Eric Renard, Coordinateur du Département d’Endocrinologie, Diabète, Nutrition, CHU de Montpellier, et Institut de Génomique Fonctionnelle, UMR CNRS 5203/INSERM U1191/Université de Montpellier peut se rendre disponible pour répondre à vos questions sur le sujet.

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