En 2013, le CHRU de Montpellier ouvre un nouveau champ de recherche sur le diabète

Le projet Européen BIOSID (BIOartificial Solution for Insulin treatment of Diabetes), coordonné par le Centre Européen d’Etude du Diabète (CEED, Strasbourg),implique 7 partenaires publics et privés, originaires de France, Belgique et Royaume‐Uni.

Ce projet consiste à proposer une solution aux facteurs limitant la greffe d’îlots de Langerhans. En effet, les acteurs de ce projet étudient la possibilité d’implanter les îlots dans un dispositif se présentant comme une poche formée par une membrane artificielle plutôt que directement dans le foie du patient.

Cette nouvelle technique laisse prévoir plusieurs avantages : ‐ par une perméabilité au glucose et à l’insuline mais une imperméabilité aux cellules

responsables de la réponse immunitaire et aux anticorps et protéines qu’elles produisent, la membrane permettrait le contrôle du diabète par la production d’insuline issue des îlots tout en les protégeant du phénomène de rejet induit par la greffe. Elle dispenserait dès lors les patients d’un traitement immunosuppresseur;

‐ de plus, implantée dans la paroi abdominale, la poche pourrait être « rechargée » facilement en îlots, sans intervention chirurgicale. Cela résoudrait ainsi la difficulté liée à la durée de vie limitée des îlots après transplantation ;

‐ enfin, les recherches sur ce dispositif visent à terme la possibilité d’utiliser des îlots issus de pancréas d’autres espèces animales ou élaborés à partir de cellules souches.

‐ Cette évolution ouvrirait l’accès à une ressource quasiment illimitée d’îlots, dépassant ainsi les difficultés de disponibilité des îlots humains.

Grâce à ce projet de recherche, la greffe d’îlots de Langerhans pourrait ainsi se développer de manière importante, et pourrait même devenir un traitement de référence pour les patients atteints d’un diabète de type 1 de contrôle difficile

 

Le protocole de recherche

Le projet BIOSID est donc un protocole de recherche translationnelle, visant à vérifier que la macro‐ encapsulation d’îlots de Langerhans au moyen d’une membrane à perméabilité sélective permet une insulinothérapie bio‐artificielle efficace, durable et sans la contrainte d’une immunosuppression.

 

Les différentes étapes du projet

Le projet BIOSID comporte plusieurs étapes :

1‐ La réalisation de tests « in vitro », visant à évaluer la survie des îlots dans la macro‐capsule, et à définir le meilleur milieu dans lequel les îlots devront être implantés pour survivre dans des conditions pauvres en oxygène et d’environnement pro‐inflammatoire.

2‐ Des tests d’implantation chez le singe, qui seront réalisés à Louvain, en Belgique : ils permettront de tester les possibilités d’implantation de ces macro‐capsules chez un être vivant proche de l’homme, et d’étudier la perméabilité des membranes et les phénomènes de rejet.

3‐ Des tests d’implantation chez l’homme, qui seront réalisés au CHRU de Montpellier (équipe d’endocrinologie‐diabète du Pr Renard et équipe de chirurgie digestive des Pr Fabre et Nocca), puis à Oxford, sans doute dans le courant de l’année 2015.

Le projet BIOSID pourrait ouvrir des perspectives considérables pour le traitement du diabète.

 

Le projet dans sa globalité

BIOSID est un projet européen, coordonné par le Centre Européen d’Etude du Diabète (CEED, Strasbourg). Il implique 4 PME et 3 organismes publics de recherche – dont le CHRU de Montpellier ‐, originaires de 3 pays de l’Union Européenne (France, Royaume‐Uni et Belgique).

Financé à hauteur de 5,5 millions d’euros par la commission européenne, il se déroulera sur 3 années (2013‐2016).

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